dimanche 14 février 2010

Règle stupide et comportement similaire!

Extrait d'un article de presse (Le Soir, 16 février 2010): "[..] on soupçonne la banque (Goldman Sachs) d’avoir [..] vendu à la Grèce des moyens pour cacher sa dette[..]. Goldman Sachs a en effet vendu à la Grèce un moyen technique complexe (un « cross currency swap ») permettant de maquiller certains emprunts grecs en opération sur devises."

La seule information de l'article est la description à moitié imprécise d'une des transactions, bien que la description "moyen technique complexe" pour décrire un "cross currency swap" en fera rire plus d'un. Utiliser des transactions financières pour cacher la situation est une technique connue utilisée par tous les états. Quand la Belgique vend un immeuble pour le reprendre en location à long terme, c'est exactement la même chose. Le vrai problème me semble être la définition de "dette" dans les règles européennes; les avoirs ne sont jamais pris en compte. C'est comme si le bilan d'une entreprise montrait ses dettes mais pas ses avoirs. Investir ou acheter pour l'avenir augmente la dette; vendre les bijoux de famille en dessous de leur valeur réelle diminue la dette! L'investissement dans l'avenir est fortement pénalisé. Avec des règles aussi stupides, il ne faut pas s'étonner que ceux qui y sont soumis agissent de manière stupide. L'article rentre dans le même cercle de stupidité, nulle part il n'est indiqué si la transaction a été avantageuse (ou désavantageuse) pour la Grèce. On se concentre sur la forme, pas sur le fond.

Je veux bien faire des réponses intelligentes mais posez pas des questions idiotes.
Coluche

samedi 31 janvier 2009

Anti-fourmis: stupidité collective à partir de l'intelligence individuelle

Les humains et les colonies de fourmis vivent physiquement sur la même planète, figurativement ce n'est pas le cas; trop de choses les séparent.

Intelligence collective à partir de la stupidité individuelle

Les fourmis se réunissent dans des colonies géantes contenant des millions d'individus. Les fourmis communiquent avec des hormones, de lents moyens chimiques.

Les fourmis offrent leur intelligence individuelle limitée au bénéfice de la colonie. Comme de petits ordinateurs liées entre eux, leur réseau devient un super-ordinateur. La colonie prend sa majuscule: la Colonie. Agissant non comme une addition d'individus mais comme une créature vivante unique, chaque fourmis est la cellule d'un nouveau corps beaucoup plus large, chaque individus a son rôle propre et le rempli parfaitement, sachant que les autre feront leur travail parfaitement et la Colonie survivra.

Pour le dire simplement:
Intelligence collective à partir de la stupidité individuelle


Stupidité collective à partir de l'intelligence individuelle

Les banquiers se réunissent dans une colonie géante connue sous le nom de The Street, contenant des millions d'individus. Les banquiers communiquent avec des électrons, de la lumière et des ondes, utilisant de gigantesques réseaux de câbles, de fibres optiques et l'Ether. Ils communiquent en utilisant tous les moyens de communications que les ingénieurs ont été capables de construire et le marketing a été capable de leur vendre. Comment des techniciens et de simples vendeurs sont capable d'imposer la mode utilisée par la classe supérieure des Banquiers, avec une majuscule, est difficile à comprendre. Comment de simple ouvriers comme des ingénieurs ont-ils un impact sur l'aristocratie? Peut-être cela a-t-il quelque chose à voir avec les fourmis et leur intelligence collective; le sujet n'a pas été étudié sérieusement, pas par les banquiers du moins. Les Banquiers ont des sujets plus important à étudier: l'hypothèse des marchés efficaces, la main invisible, …

Ces sujets sont trop importants pour être laissé de côte ou laissé à des gens de moindre savoir. Seul des individus intelligents peuvent s'emparer du sujet. Il n'est pas possible de battre le marché, seul la chance ou le risque peuvent produire des rendements supérieurs. C'est pourquoi les meilleurs traders sont bien payés: la chance coute chère! Chaque individu de The Street le sait, pas de rendement élevé sans risque élevé. Ils prennent des risques élevés pour leurs banques, ils reçoivent des rendements élevés pour eux-mêmes. L'argent des banques est plus élevé que le leur, cela rapporte plus d'utiliser son temps à jouer avec l'argent de la banque plutôt qu'avec le sien. Que faire avec son propre argent? Laissons un gestionnaire de fortune faire cela. En connaissez-vous un bon? Il y a toujours l'ami d'un ami qui en connait un, Bernard Madoff par exemple. Le gestionnaire fiable par excellence. Pas de perte, pas de gains faramineux mais de manière consistante des rendements au-dessus du marché avec une volatilité inférieure.

Mais l'intelligence individuelle le mentionnait ci-dessus, pas de rendement élevé sans risque élevé! Oui, pour un individu général, vous avez raison; mais ce type là est très connu. Il est un peu secret et il ne travaille qu'avec des dépositaires et des auditeurs de troisième ordre, c'est sa manière de faire. Evidemment dans la banque on ne travaille pas avec lui directement, trop d'administration et de vérification. Mais pour un individu ou indirectement, ce n'est pas un problème.

Ai-je vérifié les détails? Non, j'ai des choses plus importantes à faire. Je suppose que les régulateurs, cela même qui ne comprennent pas ce que je fais, et les premiers investisseurs ont fait le travail. J'ai mieux à faire de mon temps qu'un travail de fourmis. Ces questions devraient être traitées par quelqu'un d'autre.

Jours après jours, la colonie The Street construit une pyramide. La base est faite de millions d'individus intelligents qui font confiance au niveau supérieur, composé d'individus tout aussi intelligents et moins nombreux, qui eux-même font confiance au niveau supérieur… Chaque individu intelligent attend des autres individus intelligents qu'ils aient fait le travail que l'individu aurait pu faire mais a préféré déléguer implicitement.

Des millions d'individus intelligents, séparés les uns des autres par un réseaux d'outils de haute technologie à la mode mais incapables de demander les uns aux autres: avez-vous fait le travail que je crois que vous avez fait? Une colonie faite de millions de reines mais sans soldat.

Pour le dire simplement:

Stupidité collective à partir de l'intelligence individuelle.

The Street est une organisation anti-fourmis!


Méduses à contre jour.

vendredi 11 avril 2008

Crise de liquidité: le double jeu des banques centrales

Depuis quelques mois les journalistes rapportent de manière régulière les mesures prisent par les banques centrales pour ajouter des liquidités dans le marché.

Il semblent que ces articles sont simplement des répétitions des conférences de presse de ces banques centrales dépourvues d'une analyse détaillée.

Une analyse de certains documents officiels disponibles sur Internet suffit pour se rendre compte que ces conférences de presse ne disent pas toute la vérité sur l'action des banques centrales dans le domaine des liquidités. Les banques centrales jouent un double jeu.

L'ECB a déclaré ajouter des liquidités à travers des prêts aux banques commerciales. La Fed à fait de même en ajoutant le prêts de titres d'états (américain) en échange de titres moins liquides (entre autres des mortgages). Ces actions sont celles qui sont mises en évidence et mentionnées dans la presse.

La “Bank for International Settlements” (www.bis.org) est une institution supranationale propriété des banques centrales et dont les membres du comité de direction sont les gouverneurs des banques centrales (http://www.bis.org/about/board.htm). Au delà du bien connu comité de Bâle et des réunions régulières entres gouverneurs, l'institution abrite un département bancaire qui est une contrepartie pour les transactions financières de ces mêmes banques centrales (voir http://www.bis.org/about/index.htm). Cette institution peut être considéré comme le bras financier caché des banques centrales.

Il peut être noté que cette institution c'est trouvée dans la presse financière il y a quelques années quand elle a exclu ses actionnaires privés pour un montant fortement inférieur à leur valeur intrinsèque. Le sort des ces actionnaires minoritaires peut être comparé au sort des actionnaires minoritaires de la Banque Nationale de Belgique. La BIS a été condamnée par le tribunal internationale de La Haye à dédommager les actionnaires (http://www.pca-cpa.org/showpage.asp?pag_id=1222).

Pendant que les banques centrales ajoutent officiellement des liquidité dans le marché, ces mêmes banques centrales en retirent un montant gigantesque de manière (presque) cachée à travers leur bras financier.

C'est ce qui ressort des chiffres publiés dans les comptes mensuels de cette institution: elle à enlevé de manière durable USD 140 milliard de liquidité du marché depuis Avril 2007 (http://www.bis.org/banking/balsheet/statofacc080229.pdf)...

En particulier les banques centrales ont, à travers cette institution, retiré USD 100 milliard d'obligations d'état du marché (directement ou à travers des reverse-repo: Securities purchased under resale agreements dans les comptes) et ont diminué leur prêts directs aux banques de USD 35 milliards (Time deposits and advances dans les comptes).

On se rappelle que la Fed avait fait beaucoup de publicité quand elle à proposé de prêter à court terme des titres d'état contre des obligations moins liquides, en particulier des obligations liées au mortgages, pour un montant de USD 200 milliard. Dans le même temps la BIS a retiré de manière durable un montant de USD 100 milliard de titres d'état liquides principalement à travers des reverse-repo. De plus la BIS n'accepte que les titres les plus liquides (titre d'états à taux fixe d'un maturité de moins de dix ans) pour ces transactions. Pire peut-être, ces transactions se font seulement pour de très courtes périodes, accroissant l'incertitude de liquidité. Les transactions de plus de trois mois on pratiquement disparues (moins USD 50 milliards depuis avril 2007).

Les prêts directs aux banques commerciales sans garantie ont diminué de plus de USD 35 milliards. Cette diminution de prêts c'est faite de manière encore plus sévère pour les prêts de plus de trois mois, ceux que les banques commerciales recherchent le plus en cette période de crise de liquidité (moins USD 40 milliard).

Dans le même temps la taille du bilan de l'institution a augmenté de plus de USD 100 milliard. C'est-à-dire que les banques centrales ont retiré cette somme du marché pour la placer dans leur bras armé, à l'abris des regards et du marché qui en aurait sans doute besoin. Ces retraits ont peut-être aggravé la crise de liquidité.

Si Mr Trichet et ses collègues gouverneurs des banques centrales voulaient améliorer les liquidités dans le marché ils pourraient le faire très simplement et directement pour une somme de USD 100 milliards à travers la BIS dont ils sont les uniques membres du conseil d'administration. Il leur suffirait de revenir à la situation en matière d'investissement qui prévalait il y a un an.

Les banques centrales et leur gouverneurs ont bien ajouté des liquidités dans le marché. Au même moment ils ont retiré une bonne partie de ces liquidités de manière cachée à travers leur bras financier qu'ils contrôlent totalement.

Il est étonnant que ce genre d'informations ne soient jamais publiées dans les journaux, même si elles sont disponibles.